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8 octobre 2019

La Commission Écoute Réconciliation, Progrès appelle à l’action

« C’est un départ », réagit Lucien Wabanonick

Deux jours avant que le premier ministre du Québec, François Legault, adresse des excuses officielles aux Premières Nations pour les torts subis, la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics québécois a dévoilé ses conclusions.

Simon Dominé , Journaliste

Ghislain Picard, chef de l’APNQL, attend du premier ministre du Québec la reconnaissance pleine et entière du droit à l’autodétermination (photo : APNQL).
Ghislain Picard, chef de l’APNQL, attend du premier ministre du Québec la reconnaissance pleine et entière du droit à l’autodétermination (photo : APNQL).

Ce qu’il faut retenir

• Présidée par l’ancien juge Jacques Viens, la commission suggère 142 mesures au gouvernement du Québec pour favoriser la réconciliation avec les Premières Nations.

• L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) a accueilli sans surprise le rapport et appelé François Legault à faire corriger immédiatement par ses ministres les situations inacceptables qui ont été dénoncées.

• Le porte-parole de la nation algonquine anishinabeg, Lucien Wabanonick, a lui aussi demandé au gouvernement du Québec d’aller plus loin que les excuses et de passer de la parole aux actes.

Ce qu’ils ont dit

• « Les conclusions sont accablantes et la preuve irréfutable. Nous avons devant nous un système à deux vitesses. Celui qui doit répondre aux attentes et besoins des Premières Nations fait cruellement défaut. Le système actuel est discriminatoire à l’endroit de nos peuples et en fait des citoyens de seconde classe. » – Ghislain Picard, chef de l’APNQL

• « C’est un départ. Il y a des choses qui vont être priorisées par le gouvernement du Québec, bien sûr. La chose doit être prise au sérieux et pas seulement pour une journée. C’est un travail de longue haleine, un travail que l’on pourrait qualifier de société. Apprendre à mieux se connaître et dialoguer surtout. Pas des discours de sourds. Le statu quo ne fonctionne pas. Il faut agir, il faut prendre le taureau par les cornes. On doit le faire tous ensemble. » – Lucien Wabanonick, porte-parole de la nation algonquine anishinabeg

Faits saillants

Parmi les 142 recommandations de la Commission Viens, on retrouve l’adoption d’une motion de reconnaissance et de mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones par l’Assemblée nationale; ainsi que l’adoption d’une loi garantissant la prise en compte des dispositions de cette Déclaration dans le corpus législatif relevant du Québec.

L’amélioration des conditions de vie ou l’accompagnement des Autochtones lorsqu’ils ont affaire aux services publics sont également au nombre des recommandations.

La commission demande aussi à ce que des mesures de suivi et d’évaluation soient mises sur pied, en confiant au Protecteur du citoyen le soin de veiller au grain.

De son côté, le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, ne s’est pas montré surpris par les conclusions du rapport, qui traduit selon lui un échec collectif à reconnaître et respecter les droits et les cultures des Premières Nations.

Il a mentionné que les attentes des membres des Premières Nations étaient « très élevées », en appelant le gouvernement du Québec à en faire plus.

À court terme, la nation algonquine anishinabeg aimerait voir des progrès sur la question de la convention de la Baie-James signée entre les Cris, le gouvernement fédéral et le Québec, mais aussi sur celle du financement des corps de police autochtones.

« Il y a plusieurs autres éléments que je pourrais nommer, mais pour débuter, ce serait déjà quelque chose de bien », a spécifié le porte-parole de la nation algonquine anishinabeg, Lucien Wabanonick.

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Simon Dominé , Journaliste

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