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21 août 2019

Technologie

On peut maintenant apprendre l’algonquin grâce à une application mobile

Norm Odjick, directeur général du Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anishinabeg a annoncé le 9 août le lancement de l’« Algonquin picture dictionary ». Disponible gratuitement sur l’app store Apple et Google Play, il permet d’apprendre 400 mots dans plusieurs dialectes algonquins.

Simon Dominé , Journaliste

Grâce à une application mobile, il est désormais possible d’apprendre 400 mots de la langue algonquine (photo : Simon Dominé – Le Choix de la Vallée-de-la-Gatineau).
Grâce à une application mobile, il est désormais possible d’apprendre 400 mots de la langue algonquine (photo : Simon Dominé – Le Choix de la Vallée-de-la-Gatineau).

Basé sur le dictionnaire algonquin en format papier réalisé voilà cinq ans, le dictionnaire disponible avec l’application mobile contient 400 mots, 427 illustrations originales, avec des traductions non seulement dans huit dialectes algonquins, mais aussi en français et en anglais.

M. Odjick a précisé le 13 août que ce projet ne s’était pas fait en partenariat avec des écoles. C’est une initiative qui provient directement du conseil tribal.

Il explique la raison d’être de ce projet : « Ça fait comme cinq ans qu’on a fait le dictionnaire, le livre. Mais les prix pour imprimer tous les dictionnaires, c’est assez dispendieux. Avec une application qui est gratuite, c’est plus efficace premièrement. Deuxièmement, avec les jeunes aujourd’hui qui sont plus intéressés par les technologies que les livres et qui utilisent les appareils presque tous les jours, c’est plus intéressant pour eux ».

Des mots, des images et des sons

D’après le directeur général du Conseil Tribal de la Nation, les Algonquins sont environ 10 000, mais la pérennité de la langue n’est pas assurée partout. Il raconte : « Ça dépend des communautés. Il y a quelques communautés où il n’y a plus beaucoup de personnes qui parlent encore la langue. Il y en a d’autres qui sont assez capables de s’exprimer en algonquin ».

Le dictionnaire associe des mots à des images. Pour sept des huit dialectes algonquins, des enregistrements audio sont également disponibles pour aider les gens à les prononcer correctement. « Des fois, les mots sont assez longs et complexes. Avec ça, les personnes peuvent apprendre à dire les mots », explique M. Odjick.

Selon lui, l’initiative a été très bien accueillie : « On a eu beaucoup de messages et beaucoup de commentaires : ils sont tous positifs. Les gens sont vraiment contents de voir quelque chose comme ça ».

La démarche inclusive n’y est sans doute pas étrangère, comme le fait remarquer le directeur général du Conseil Tribal : « Toutes les communautés ont été impliquées pour faire les traductions dans les différents dialectes. On a engagé un traducteur ou une traductrice de chaque communauté ».

Partenaires et personnes impliquées

Mentionnons que le ministère de la Culture et des communications avait aidé à la mise sur pied d’un dictionnaire algonquin il y a quelques années. Deux autres organismes ont pris le relai pour la version mobile : la confédération des centres éducatifs et culturels des Premières Nations et Patrimoine canadien.

Norm Odjick a adressé ses remerciements à toutes les personnes suivantes qui se sont impliquées dans le projet : Georges Lafontaine, Laurie Unions, Patricia Polson, Jay Odjick, Geena Jade Polson, Patrick Tenascon, Virginia Dumont, Rose Wlyd Mapache, Pauline Unions, chef Bertha, Bernadette Morris, Edouard Brazeau, Roseanna Mcdougall, Barbara Tenascon, Marlyn Poucachiche, Leena Rodgers-Polson et Robert Penosway.

« On a eu beaucoup de messages et beaucoup de commentaire : ils sont tous positifs. » – Norm Odjick, directeur général du Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anishinabeg

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Simon Dominé , Journaliste

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