Partager:
12 juillet 2019

La route Maniwaki-Témiscamingue

Après plus de 30 ans d’attente, l’espoir renaît en Haute-Gatineau

Depuis l’arrivée en poste de la préfète de la MRC Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, en 2017, le dossier de la route Maniwaki-Témiscamingue est revenu dans les discussions. Après un travail de collaboration entre la MRC et le ministère des Transports du Québec (MTQ), les ingénieurs ont pu déterminer un tracé potentiel contournant le village de Montcerf-Lytton et limitant à quatre les propriétés privées touchées. Si tout se déroule comme prévu, la préfète Lamarche aimerait lancer un appel d’offres en automne 2021.

Jordan Maheu , pigiste

Le tracé le plus rapide consiste à prolonger de 3,8 km le chemin de l’Aigle vers la route 105 (photo: gracieuseté – MRC Vallée-de-la-Gatineau).
Le tracé le plus rapide consiste à prolonger de 3,8 km le chemin de l’Aigle vers la route 105 (photo: gracieuseté – MRC Vallée-de-la-Gatineau).

De plus en plus de touristes et de camions forestiers circulent actuellement sur les chemins municipaux de Montcerf-Lytton en raison de l’inachèvement de la route Maniwaki-Témiscamingue et c’est l’ensemble de la municipalité qui en subit les contrecoups. L’achèvement de la route permettra au transport forestier de remédier à cette situation en évitant le village de Montcerf-Lytton.

La préfète Lamarche estime qu’il y a environ 30 000 voyages de camions lourds par année.

«C’est un impact sécuritaire et financier pour la municipalité de Montcerf-Lytton parce que les chemins sont tous en train de se défaire. Les chemins ne sont pas construits pour recevoir autant de camions. Ça peut aussi nuire à la qualité de vie des résidents de Montcerf-Lytton», a dit la préfète de la MRC Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche.

Rappelons qu’en 2016, une pétition circulait dans la municipalité de Montcerf-Lytton demandant l’achèvement de la route Maniwaki-Témiscamingue. Les citoyens déploraient l’inaction du gouvernement provincial dans le dossier.

Échéancier

La continuité de la route Maniwaki-Témiscamingue en Haute-Gatineau est évaluée à environ 8 M$ et le projet est subventionné à 75% par le MTQ. Cela représenterait approximativement 6 M$.

La MRC est présentement dans les études de prospection du tracé retenu. Les quatre propriétaires d’Egan-Sud touchés ont été rencontrés, et au courant de l’été, les ingénieurs pourraient légèrement modifier le tracé selon les demandes des propriétaires.

«Ça va être le même tracé, mais il pourra légèrement être modifié selon les demandes des propriétaires. Il va toujours rester à la même place, mais il va peut-être passer un peu plus au nord ou plus au sud selon leurs demandes. En tant que préfète, je vais essayer de répondre le plus possible aux besoins des quatre propriétaires. […] Je prends en considération toutes leurs inquiétudes et je suis sensible à ça», a expliqué à ce sujet Mme Lamarche.

Si le projet se déroule comme prévu et sans contraintes environnementales, la préfète Lamarche aimerait lancer l’appel d’offres en automne 2021.

Des séances d’informations devraient avoir lieu vers la fin de l’automne prochain ou au début de l’hiver.

Description du projet

Le projet consiste à prolonger de 3,8 km le chemin de l’Aigle vers la route 105. Un nouveau pont sur la rivière de l’Aigle serait alors construit. Une intersection serait aussi construite sur la route 105 à la hauteur d’Egan-Sud pour permettre l’arrivée sécuritaire des camions forestiers provenant de la route Maniwaki-Témiscamingue.

Le trajet actuel emprunté par les camions forestiers à partir de la fin inachevée de la route Maniwaki-Témiscamingue jusqu’à la route 105 représente environ 17 km.

Il s’agira d’un chemin forestier de première classe qui aura l’apparence d’une autoroute par sa largeur. Toutes les pentes et les courbes seront conçues en fonction des camions forestiers.

Normalement, c’est le MTQ qui est maître d’œuvre pour des projets de cette ampleur, mais après une entente sur la gestion du projet, c’est la MRC qui en sera le maître d’œuvre. Cela fait l’affaire de la préfète Lamarche parce qu’elle considère que le projet prendra alors moins de temps à se concrétiser.

Tourisme

En plus d’être un chemin forestier, la route Maniwaki-Témiscamingue aura aussi son importance pour le tourisme de la Haute-Gatineau. De nombreux lacs et territoires de chasse seront alors plus facilement accessibles aux amateurs de chasse, de pêche et de canot-camping.

«C’est bon pour le transport forestier, mais ce n’est pas que pour ça. Les chasseurs, les pêcheurs et les campeurs doivent présentement passer par l’Ontario pour aller au Témiscamingue. Avec la route Maniwaki-Témiscamingue, ils vont éviter 4-5 heures de route. C’est important pour le développement économique», a mentionné Chantal Lamarche.

Historique de la route Maniwaki-Témiscamingue

Le projet de la route Maniwaki-Témiscamingue date de 1974. C’est le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), à l’époque connu sous le nom de ministère des Terres et Forêts (MTF), qui en avait été l’instigateur. Le projet visait le développement du potentiel forestier, encore inexploité, de l’Outaouais. Deux tracés avaient été étudiés à l’origine, soit Fort-Coulonge/Lac LaGarde et Maniwaki/ Témiscamingue. C’est finalement la deuxième option qui a été retenue par le ministère, car il rendait accessible un territoire forestier plus vaste.

Au début de 1980, le gouvernement québécois avait entrepris la construction du projet, mais après deux ans de travaux le gouvernement y a mis fin sous la pression de groupes du Témiscamingue qui craignaient que la route ait éventuellement des effets néfastes sur l’économie régionale.

Partager:

Jordan Maheu , pigiste

  • Courriel

À ne pas manquer