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4 juillet 2019

Programme de football de la CEHG

Un manque d’engagement grandissant chez les jeunes

Initialement, les jeunes se bousculaient pour avoir la chance d’enfiler épaulettes et casque protecteur. Aujourd’hui, il y a des épaulettes et des casques protecteurs en trop. Après des premières années au-delà des attentes, les entraîneurs Martin Lampron et Frédérick Boulianne remarquent chez les jeunes une baisse flagrante de popularité et d’engagement envers le football.

Jordan Maheu , pigiste

L’an dernier, à cause d’un manque de joueurs, l’équipe de catégorie juvénile entraînée par Frédérick Boulianne n’a même pas pu terminer la saison (photo: gracieuseté – Frédérick Boulianne).
L’an dernier, à cause d’un manque de joueurs, l’équipe de catégorie juvénile entraînée par Frédérick Boulianne n’a même pas pu terminer la saison (photo: gracieuseté – Frédérick Boulianne).

«Malheureusement, la notion de l’engagement est un peu moins présente chez les jeunes d’aujourd’hui. Je me trompe peut-être, mais c’est ce que je perçois. Par exemple, nos joueurs sont moins gênés de manquer des entraînements qu’il y a dix ans», a fait savoir l’entraîneur de football des catégories atome et cadet, Martin Lampron.

Plusieurs croient encore que d’être un joueur de football à l’école secondaire vient automatiquement avec un certain prestige et une popularité assurée qui pourraient inciter un jeune à aimer l’école. Or, ce ne semble plus être le cas si l’on se fie aux propos de l’entraîneur Lampron.

«Les jeunes d’aujourd’hui aiment le football, mais pas au point d’avoir l’impression qu’ils devraient faire des efforts. Il y a cinq ans, on voyait plus de jeunes déterminés à continuer le football au niveau collégial. Cette année, seulement un joueur du juvénile a décidé de continuer au niveau collégial. Ce sont des années creuses», a-t-il mentionné.

L’entraîneur Lampron a toutefois tenu à souligner que le contraire est aussi vrai, juste moins présent qu’auparavant.

«Bien sûr, il y a quelques exceptions. […] Certains jeunes sont très motivés d’aller à l’école grâce au football», a-t-il ajouté.

Un nombre d’inscriptions record dès la première année

La première année du retour du football à Maniwaki, en 2004, avait été une année record avec 90 inscriptions. L’an dernier, à cause d’un manque de joueurs, l’équipe de catégorie juvénile entraînée par Frédérick Boulianne n’a même pas pu terminer la saison.

«Lors des trois premières années du programme, l’engouement des jeunes était immense. On n’avait même pas assez d’équipements pour tout le monde!», a affirmé l’entraîneur Lampron.

Les entraîneurs Lampron et Boulianne sont d’avis que le manque d’engagement des jeunes envers le football est répandu à travers le Québec, et ce, à cause de la couverture médiatique des commotions cérébrales reliées au football. Les parents seraient plus enclins à inscrire leurs enfants dans d’autres sports où les contacts sont moins fréquents, voire interdits.

«La médiatisation des commotions cérébrales a assurément nui au sport», a mentionné Martin Lampron.

De la lumière au bout du tunnel

Afin de remédier à ce problème qui n’est pas unique aux Mustangs de la Cité étudiante de la Haute-Gatineau (CEHG), la ligue RSEQ a changé les règlements dans la catégorie juvénile pour réduire le nombre de joueurs nécessaires sur le terrain de 12 à 9. Ce nouveau règlement entrera en vigueur dès la saison prochaine qui débutera au mois de septembre.

Heureusement pour les entraîneurs Lampron et Boulianne, l’avenir semble plus encourageant à la suite de la récente instauration de la catégorie atome regroupant les jeunes du primaire de la sixième année et ceux de la première année du secondaire.

«C’est une introduction au football. C’est du six contre six sur la largeur du terrain. Ça permet d’avoir des petits de la sixième année du primaire qui s’intègrent déjà un petit peu à la polyvalente», a expliqué l’entraîneur de football des Mustangs de la CEHG catégories atome et cadet, Martin Lampron.

Comptant maintenant sur trois catégories, soit atome, cadet et juvénile, l’intérêt envers le football pour les jeunes de La Vallée-de-la-Gatineau devrait reprendre un rythme normal. Les jeunes sont maintenant introduits au sport avant même leur arrivée au secondaire et cela devrait maximiser la relève pour la catégorie juvénile.

«J’ai des parents de jeunes de cinquième année qui m’accrochent en ville pour me dire que leurs jeunes veulent s’inscrire l’année prochaine. Ils ont déjà hâte à la sixième année pour pouvoir s’inscrire. C’est vraiment intéressant», se réjouit Martin Lampron.

C’est la catégorie cadet qui a, jusqu’ici, bénéficié le plus de l’arrivée de la catégorie atome.

«On voit déjà l’effet positif de l’arrivée de la catégorie atome. Dans le cadet, mon équipe est pleine. J’ai eu près de 35 joueurs l’an dernier et ça devrait être pareil pour l’année qui s’en vient», a précisé Martin Lampron.

L’entraîneur de l’équipe de catégorie juvénile, Frédérick Boulianne, commencera a en récolter les fruits dès la saison prochaine. Une douzaine des joueurs qui étaient d’âge cadet devraient monter juvénile, ce qui permettra à l’entraîneur Boulianne de former son équipe pour l’an prochain sans trop de craintes.

«Je vais être capable de faire mon équipe en étant à neuf contre neuf. Je vais être bon pour faire ma saison. J’entrevois ça d’un bon œil. […] À ce que j’ai vu au camp du printemps, on a de bons athlètes et des gars qui connaissent le football. Ils semblent motiver et avoir le désir de jouer. C’est déjà de bon augure», a-t-il expliqué.

Rappelons que les étudiants de la polyvalente de Gracefield, du secteur anglais de Woodland et de l’école secondaire de Kitigan Zibi peuvent aussi porter l’uniforme des Mustangs de la CEHG. À ce jour, c’est plus de 500 joueurs de football qui auraient porté cet uniforme.

Avec l’introduction au football dès l’école primaire, l’intérêt envers le sport pour les jeunes de La Vallée-de-la-Gatineau devrait reprendre un rythme normal (photo: gracieuseté – Frédérick Boulianne).
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Jordan Maheu , pigiste

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