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20 février 2019

Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau

Le festivalier mort en 2018 était intoxiqué par la drogue

La coroner Me Joanne Lachapelle a déposé son rapport sur la mort d’Adrien Auer, survenue en marge du Festival Éclipse le 29 juillet 2018, à Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau. Elle conclut à un suicide par pendaison, mais le témoignage de plusieurs personnes et les analyses toxicologiques révèlent que l’homme avait consommé de la métamphétamine, de la kétamine, du cannabis et de la cocaïne.

Simon Dominé , Journaliste

L’autopsie pratiquée sur le corps d’un homme qui s’est donné mort en marge du Festival Éclipse a notamment révélé la présence de kétamine, un stupéfiant qui peut avoir de graves effets sur les individus (photo: Pixabay).
L’autopsie pratiquée sur le corps d’un homme qui s’est donné mort en marge du Festival Éclipse a notamment révélé la présence de kétamine, un stupéfiant qui peut avoir de graves effets sur les individus (photo: Pixabay).

La consommation de drogues a-t-elle contribué au passage à l’acte de M. Auer? Dans son rapport, Me Lachapelle n’affirme jamais qu’il y a un lien de cause à effet entre l’état dans lequel se trouvait le festivalier et la façon dont il est mort. Elle prend cependant la peine de rappeler combien les stupéfiants peuvent être dangereux pour les personnes qui en consomment.

Retrouvé quatre jours après son décès, l’homme de 29 ans originaire de Sainte-Anne-des-Lacs a été vu la dernière fois à 9h, le matin du 29 août, alors qu’il déplaçait son hamac du site du festival vers la forêt, où d’autres tentes étaient installées.

Intoxiqué par les drogues

Trois heures plus tôt, une de ses amies l’avait croisé, mais d’après elle M. Auer était tellement intoxiqué qu’il avait de la difficulté à s’exprimer.

La veille déjà, une autre personne avait noté qu’il n’était pas dans son assiette. Sans motif pour justifier sa déclaration, le festivalier aurait en effet affirmé à un ami que deux hommes voulaient s’en prendre à lui. Pour ce témoin, M. Auer aurait été victime d’hallucination en raison de son état d’intoxication.

La personne qui l’avait amené au festival a finalement composé le 911 le 31 juillet, pour avertir les autorités de sa disparition et les recherches ont débuté. Le corps de M. Auer a été retrouvé en fin de journée le lendemain, à 300 mètres du site du festival par un maître de chien.

«Des analyses toxicologiques ont été pratiquées au Centre de toxicologie de l’Institut national de santé publique du Québec», note Me Lachapelle dans son rapport. L’état du corps a empêché les analystes de savoir si M. Auer avait consommé de l’alcool au moment de sa mort, mais on stipule en revanche que «La présence de méthamphétamine, de kétamine, de métabolite de cannabis et de métabolite de cocaïne a été détectée».

«Fragile» et «suicidaire» selon un membre de sa famille, M. Aurer avait déjà tenté de mettre fin à ses jours en 2005. Décrit comme un consommateur de métamphétamine et de cannabis, le festivalier était la proie de «psychoses toxiques».

Gare aux effets de la kétamine

La coroner termine son rapport en expliquant à quel point la kétamine est «très néfaste» pour les individus.

«Ce perturbateur du système nerveux central a un puissant effet hallucinatoire recherché par les toxicomanes et il s’agit d’une drogue qui est de plus en plus consommée dans les raves parties, les festivals et concerts de musique électronique, avertit Me Lachapelle. Sa popularité est en augmentation constante auprès des jeunes. La kétamine a de graves conséquences autant sur la conscience d’un individu que sur sa mémoire, elle entraîne une perception du dédoublement, c’est-à-dire une impression de dissociation entre l’esprit et le corps, de confusion ou d’irréalité, modifie l’humeur, la perception du monde extérieur et apporte des troubles de comportement.»

«[La kétamine] a un puissant effet hallucinatoire recherché par les toxicomanes et il s’agit d’une drogue qui est de plus en plus consommée dans les raves parties, les festivals et concerts de musique électronique. Sa popularité est en augmentation constante auprès des jeunes.» – Me Joanne Lachapelle, coroner

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Simon Dominé , Journaliste

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