Partager:
18 décembre 2018

Solstice d’hiver de la Communauté Métis Autochtone de Maniwaki

L’événement projette son ombre en plein soleil

Le 15 décembre dernier, la Communauté Métis Autochtone de Maniwaki (CMAM) célébrait sa fête culturelle de l’hiver à la salle municipale de Messines.

Lyne Bélisle , Pigiste

Le danseur Odeshkun Thusky, 8 ans, avec le quatuor aux tambours formé d’Awema, Nikan, Dave et Chad (photo: gracieuseté – Jocelyn Galipeau).
Le danseur Odeshkun Thusky, 8 ans, avec le quatuor aux tambours formé d’Awema, Nikan, Dave et Chad (photo: gracieuseté – Jocelyn Galipeau).

Serge Paul, président-chef de la CMAM, a accueilli chaleureusement les membres de la communauté, avant de prendre la pris la parole.

«Autrefois, on célébrait la nuit la plus longue par des récits, des contes et des légendes avec danses au tambour. Aujourd’hui, nous allons fêter en s’amusant tout en découvrant et en partageant notre culture et nos traditions avec un bon repas, au menu cipaille, tourtières à la viande sauvage. Nous le méritons tous car nous avons eu une grosse année», a déclaré le président-chef.

Il a poursuivi en confirmant que la lutte pour la reconnaissance des droits de subsistance de la communauté se poursuivait. La cour a statué et a accordé une audience de 20 jours de cour en 2020 soit du 2 au 28 novembre 2020.

«Le peuple Métis est un des trois peuples autochtones du Canada avec les Amérindiens et les Inuits. À ce titre, les Métis disposent d’un gouvernement et jouissent des mêmes droits particuliers. Les principaux représentants des Métis furent Cuthbert Grant et Louis Riel. L’histoire des Métis en Outaouais est fondée sur des faits historiques, démographiques et généalogiques (…)», a lancé M. Paul.

Le président-chef doit rencontrer prochainement le député de Pontiac, William Amos, afin de poursuivre les pourparlers avec les autorités compétentes. Sur le sujet, il invite les gens à se procurer le livre intitulé «Les Bois-Brûlés de l’Outaouais, Une étude ethnoculturelle des Métis de la Gatineau», des auteurs Michel Bouchard, Sébastien Malette, Guillaume Marcotte. Ce dernier devrait être publié à l’été 2019 et expliquera la situation et les circonstances pour lesquelles la communauté s’est engagée dans cette bataille juridique.

Claude Jean prend la parole

Claude Jean, homme-médecine de la CMAM, a pris la parole à son tour: «C’est en toute humilité que je vous dis qu’on ne devient pas homme-médecine, on nait homme-médecine. C’est dans le respect de la culture que j’ai ce lien avec les énergies subtiles de nos traditions. Je suis à la fois médecin du village, prêtre sans caractère religieux, psychologue et conseiller. On pourrait dire que je suis un médium qui permet aux gens de trouver l’harmonie en eux-mêmes, physique, émotionnelle, mentale et spirituelle avec la nature, l’esprit et la terre. Je dois vous dire que je suis profondément désolé de ne pouvoir faire une cérémonie de purification par la fumée, le smudge, cette année. Cette cérémonie culturelle de purification traditionnellement faite dans le cadre des rassemblements consiste au brûlage de plantes sacrées, comme la sauge, le cèdre, le foin d’odeur et le tabac. Les exigences de la salle municipale ne pouvaient nous accorder un permis nécessaire à cette séance à l’intérieur du bâtiment».

Alors on danse

C’est avec énergie que le jeune Odeshkun Thusky, 8 ans, a livré une performance exceptionnelle de danses symboliques telles «Duck and Dive et Sneak-up» au rythme envoutant des tambours du quatuor de Kitigan Zibi et Lac Barrière (Dave, Awema, Nikan et Chad). Par la suite, le jeune Odeshkun a entraîné la foule à former une chaine vivante tout en dansant.

Fête et rituel du solstice d’hiver

La CMAM célèbre cette fête depuis plus de huit ans déjà. C’est une tradition et une occasion pour les membres de festoyer à l’approche de la nouvelle année. C’est une rencontre culturelle et sociale qui rassemble les membres de la Vallée-de-la-Gatineau, Lanaudière, Gatineau, les Laurentides ainsi que Montréal et Ottawa. Une foule d’environ 150 personnes s’est rassemblée pour l’occasion.

Le solstice d’hiver marque le début de l’hiver astronomique et il est le repère dans les sociétés pour délimiter les moments forts du calendrier des saisons. Il aura lieu le 21 décembre. Cette journée est couronnée la plus courte de l’année et c’est aussi la nuit la plus longue en raison de l’inclination de la terre par rapport au soleil; donc l’hiver prend son envol à cette date.

Le solstice d’hiver est un moment particulier de l’année pour les communautés autochtones. C’est un moment de réflexion et de communion; c’est une période de préparation. Un fait à retenir, une personne observe son ombre la plus longue de l’année.

Claude Jean, Homme-médecin de la Communauté Métis Autochtone de Maniwaki (photo: gracieuseté – Jocelyn Galipeau).
Serge Paul, Président-Chef de la Communauté Métis Autochtone de Maniwaki (photo: gracieuseté – Jocelyn Galipeau).
Partager:

Lyne Bélisle , Pigiste

Lyne Bélisle

  • Courriel

À ne pas manquer