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6 novembre 2019

Abolition des commissions scolaires

La CSHBO aura son mot à dire

La Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais (CSHBO) sera finalement entendue en commission parlementaire portant sur le projet de loi 40. Inquiète des répercussions néfastes de ce projet de loi sur les régions, la CSHBO avait dénoncé le 24 octobre dernier le manque d’écoute et de considération du gouvernement du Québec à l’égard des régions. 

Jordan Maheu , pigiste

 Le 12 novembre, la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais sera entendue en commission parlementaire portant sur le projet de loi 40 (photo : archives – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).
Le 12 novembre, la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais sera entendue en commission parlementaire portant sur le projet de loi 40 (photo : archives – Le Choix Vallée-de-la-Gatineau).

En commission parlementaire le 12 novembre, la CSHBO devra partager sa concertation de dix minutes avec les commissions scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. La CSHBO disposera alors de 3 minutes 20 secondes pour présenter son mémoire. Une période de questions de l’opposition, encore une fois divisée entre les trois régions, suivra pour une durée de 50 minutes. Une situation qui n’est pas l’idéale, selon la présidente de la CSHBO, Diane Nault, « mais qui est mieux que rien du tout ». « Les écoles de village, le service de proximité ainsi que la structure et le rôle du conseil d’administration seront les points clés du mémoire, a fait savoir Mme Nault.

Il faut que le ministre soit mis au courant des répercussions possibles du projet de loi 40 pour les régions. Ce sont les élus scolaires qui font le lien entre les parents et l’administration. C’est toujours impressionnant d’appeler directement l’administration, les élus font le lien entre les deux », a-t-elle mentionné. 

Les écoles de village

Mme Nault craint la disparition des écoles de village si le projet de loi 40 ne subit aucune modification. Selon elle, le service de proximité des élus scolaires assure le maintien des écoles de villages. L’intention du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, de regrouper les services aux grands centres amènerait automatiquement la fin des écoles de village. 

Structure et rôle du conseil d’administration

Voici comment seraient composés les conseils d’administration qui remplaceraient les conseils des commissaires : huit parents d’élèves, quatre membres du personnel scolaire et quatre membres issus de la communauté. 

Mme Nault se questionne sur la disponibilité de ces huit parents d’élèves « qui n’ont souvent pas le temps ». Elle précise que « déjà, présentement, on a de la difficulté à avoir des gens sur le conseil d’établissement des parents. Ils sont occupés avec leurs enfants et la routine après l’école. S’impliquer au niveau scolaire nécessite beaucoup de temps ». De plus, la présidente de la CSHBO juge « malsain » le rôle de ce conseil d’administration « parce que ce sont les employés qui vont choisir leur patron ». Elle fait ici allusion à la nomination du directeur général de la commission scolaire par les membres du conseil d’administration.

Absence d’appui des municipalités

Mme Nault a précisé que peu de municipalités de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau ont donné leur appui aux contestations de la CSHBO à propos du projet de loi 40. Seulement la Ville de Maniwaki et la Municipalité de Blue Sea ont signé une lettre d’appui, tandis que « la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau aurait suggéré aux municipalités de ne pas s’impliquer dans ce dossier pour le moment », a fait savoir Mme Nault.

Cette dernière a ajouté que toutes les municipalités de la MRC de Pontiac ont quant à elles signé une lettre d’appui. La Chambre de commerce de Maniwaki et Vallée-de-la-Gatineau a, quant à elle, rédigé sa propre lettre de soutien.

Rappelons que le projet de loi 40 a été déposé le 1er octobre dernier par le ministre Roberge, et porte sur la révision de la gouvernance scolaire. Les commissions scolaires seraient abolies dès le 29 février 2020 pour faire place à des centres de services scolaires (CSS). Le rôle des CSS se limiterait dorénavant à donner des services administratifs aux écoles situées sur leur territoire.

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Jordan Maheu , pigiste

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